Pénurie Pénurie... Retour sur la Conférence Les Affaires

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Pénurie

Pénurie Pénurie !!!

Il me semble que l’on n’a que ce mot dans la bouche depuis des mois. Les Événements Affaires ont donc utilisé à bon escient cette trame de fond pour illustrer leur Conférence sur le recrutement cette année. Près de 200 personnes se sont réunis pour 2 jours de Conférences et d’Ateliers afin essayer de trouver des solutions à ce vaste problème, décriés par certains.

Et pourtant les chiffres parlent d’eux-mêmes. Mathématiquement parlant, ça ne balance pas. Eric Bélair, maître de cérémonie de la journée, nous l'a démontré clairement. Je ne vous inonderai pas de statistiques, mais au Québec, contrairement à l’Ontario et au reste du Canada, entre le nombre de postes ouverts, le nombre d’immigrants, les exodes, le nombre de départs à la retraite... On est en déficit.

Toutefois, à juste titre, Eric pense que la tempête n’est pas assez sévère, et qu’on n’est pas encore assez éprouvé pour changer nos habitudes. Pour preuve:

  • Les gestionnaires et la direction demandent encore des solutions de recrutement innovantes alors qu’aucun des candidats de la base de données n’est contacté (ben non, ce n’est pas assez disruptif !)
  • On entend encore ce genre de commentaires :
    • « Oui, excellent candidat, mais je pars en vacances en 3 semaines tu me le gardes au chaud ? À mon retour on l’embauche »
    • « Oui, pas mal, excellent candidat technique mais ouf, je ne suis pas certain, je trouve qu’il sourit trop (ou pas assez...) »
    • « Vraiment un excellent candidat, merci ! Maintenant ça nous prendrait un comparable »

De son côté, Olivier Schmouker nous donne des données qui laissent dubitatifs :

  • On veut travailler sur la rétention ? Selon une étude Mercer de 2019 (Global Talent Trends), les employés canadiens désirent 3 choses : outils & ressources pour performer, relative autonomie dans les prises de décision et suivre des programmes de formation. Le hic ? Seulement 2% des employeurs canadiens sont disposés à offrir les 3.
  • On pense que les outils et données vont régler nos problèmes ? Une autre étude PwC de 2019 nous montre que 52% des employeurs canadiens pensent qu'ils gagneraient à utiliser le data et l'IA, mais seulement 2% pensent avoir du data utilisable. Donc, ces bébelles technologiques ne sont aujourd'hui qu'une chimère, pour ne pas dire un rêve on ne peut plus dangereux.
  • On souhaite garder nos employés plus longtemps ? On parle du stress au travail depuis des années non ? Et pourtant, aujourd’hui, 1 employé sur 3 se dit plus stressé qu'il y a 5 ans (Morneau Shepell, 2019). Pourquoi ? Trois raisons principales : isolement, peur de l'avenir (stress financier) et absence de reconnaissance. D'où la nécessité de s'investir dans la «connexité» (principe qui veut que pour s'épanouir il nous faut nouer et entretenir des liens fructueux avec autrui).

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Lors du panel, Olivier nous a donc posé la question...

  • Ne faut-il juste pas revenir à la base ? Est-ce que l’on considère que l’on prend suffisamment soin de nos employés actuels ?
  • Regarder autour de nous ? Sommes-nous allés voir le bassin de candidats immigrants ? Oui le taux de chômage est de 4% chez les québécois nés de souche, mais il est supérieur à 10% pour les immigrants arrivés il y a moins de 3 ans.

Ceci dit, nous sommes tous d’accord; il n’y a pas de solution miracle pour régler le problème en un tour de main. Ils existent DES solutions, voir une combinaison de celles-ci.

Quelques une d’entre elles nous ont été présentées au cours de la journée :

  • SE REMETTRE EN QUESTION

Le Groupe Soucy, c’est 1850 employés dont 1000 à Drummondville. En pleine croissance, pas facile pour eux de recruter en région. Ils ont donc décidé de commencer par une introspection pour créer une expérience employé personnalisée et travailler sur la fidélisation.

Le Design thinking est une discipline qui utilise les outils, la sensibilité et les méthodes de designers pour permettre à des équipes multidisciplinaires d’innover en mettant en correspondance attentes des utilisateurs, faisabilité et viabilité économique. Le projet s’est étalé sur 6 mois, au cours duquel la direction et tous les employés ont été mis à contribution afin de comprendre leur besoin, d’explorer, de générer des idées. On écoute nos employés, comme on écoute nos clients. La transparence a été de mise dans cette démarche. Le plan sera mis en place au printemps 2019. À suivre...

  • UTILISER SES RESSOURCES INTERNES

Difficile de recruter certains profils ? Julie Bilodeau de Transat a décidé de miser sur le développement des compétences de ses employés en créant en moins de 9 mois un programme de recrutement et de formation en interne, le tout avec un budget très restreint.

  • CONSIDÉRER SES EMPLOYÉS COMME SES CLIENTS

C’est ce sur quoi ont travaillé Sandra Lécuyer et Caroline Lacroix de Comunar : une belle alliance entre les Ressources Humaines et les Communications et Marketing. Leur défi ? Se faire connaître comme employeur à Montréal tout en redorant leur image au sein de la communauté immobilière. Elles ont toutes deux combiné leur force afin d’uniformiser la marque entreprise et la marque employeur.

  • AUTOMATISER CERTAINES TÂCHES

L’arrivée de l’intelligence artificielle, même si, pour être bien honnête, on ne le voit que très peu encore, permet d’automatiser nos tâches à non valeurs ajoutée afin de justement nous laisser le temps d’être d’avantage stratégiques.

  • AGIR AUTREMENT, MÊME QUAND ON EST MOINS DE 15 EMPLOYÉS

Olivier Cléroux a co-fondé Exolnet il y a 6 ans, une entreprise aujourd’hui de moins de 10 employés. Il n’a pas les moyens des grands de ce monde pour rivaliser monétairement dans la guerre des talents en TI. Après avoir fait quelques constats, dont notamment celui que les talents n’aiment pas la bullshit et qu’ils n’arriveront pas à engager à coups de $, ils ont décidé de miser sur leurs employés afin d’en faire des ambassadeurs. Leur mantra : originalité, fréquence, et personnalisation. Afin de favoriser le plaisir au travail, ils ont commencé à organiser de plus petits événements, plus souvent (ex : ils ont sorti bureaux et ordinateurs afin d’organiser un mini hackaton en terrasse, avec BBQ et musique, à la belle étoile !)

  • LE RECRUTEMENT INTERNATIONAL

Le sujet phare de l’après-midi.

Après avoir parlé de l’aspect légal avec Julie Lessard, Philippe Zinser est venu avec sa bonne humeur démystifier quelques idées reçues. Recruter à l’étranger, c’est plus facile qu’il n’y parait... Et c’était convainquant.

Olymel a cloturé la journée en nous exposant son enjeu de recrutement, et ce principalement en région : 13 000 employés, 31 sites, 2800 nouveaux employés la dernière année, création nette de 500 emplois, encore 450 à combler...

70% des embauches sont locales (rayon de –de 50km). Toutefois, il reste un 30% à combler. L’entreprise recrute des immigrants, mais doit aussi se tourner vers l’international. Impliquant les employés locaux dans l’intégration des nouveaux, que ce soit pour des notions de français (ils sont tous issus de pays francophones) ou l’apprivoisement des différences (culturelles ou climatiques ;), tous sont à contribution. Comment mentionné par Isabelle Leblond, ce projet est vite devenu un projet de cœur. Il ne se fait pas non plus sans partenariat avec, par exemple, des organismes qui aident à l’accueil. Il faut s’impliquer socialement, et savoir donner.

Leur taux de rétention pour leurs nouvelles embauches étrangères ? 97% !

Beaucoup d’autres solutions ont été nommées : la diversité bien sûr, mais aussi (et je prêche pour ma paroisse), le développement des compétences du recruteur et l’affirmation de son positionnement qui doit être davantage stratégique. Ce fera sûrement l’objet d’un article complet bientôt...

Ceci dit, il me semble que toutes ses solutions reviennent toujours à la même formulation que l’on entend depuis trop longtemps : placer l’humain au centre de nos préoccupations. Ça me semble être un énoncé sérieusement galvaudé, au même titre que « les bottines doivent suivre les babines ». Si c’était le cas, en se fiant à la première fois que je l’ai entendu, on ne serait plus en train d’en parler.

En somme, de belles solutions proposées, deux journées riches en idées, des échanges intéressants et stimulants.

Et maintenant agissons !

Merci Olivier Schmouker pour m’avoir partagé les résultats des études

Merci Alice Guilbaud et à toute l’équipe des Événements Les Affaires pour l’organisation

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